la barque (théâtre&musique)

SPECTACLES

    Après diverses expérimentations théâtrales et musicales notamment sur les plateaux de La rose des vents, scène nationale Lille Métropole (Life Tastes Good, Aïe Aïe) ou celui du studio de l’Opéra de Lille (Grands Défilés, musique de Aurélien Dumont), la compagnie entame la production du cycle Mnemorandum en 2014.

    Le sonore a un rôle primordial dans nos spectacles. Pour nous, il est à la fois et sans aucune hiérarchie dramaturgique : sens, forme, image… Nous défendons le théâtre musical comme tel : au-delà du seul geste de composition instrumentale et vocale, les productions de la compagnie se fondent sur le traitement musical de l’ensemble des éléments de l’écriture scénique. Ainsi, dans cette conception, tout est musique, tout est rythme : de la voix à l’espace, de la lumière au corps des interprètes, du silence au sens des mots.

    Bien qu’elle soit essentiellement créée avec la collaboration de musiciens improvisateurs, la musique de la compagnie est écrite au préalable. Elle reste pourtant non figée d’une représentation à l’autre : l’utilisation de la partition graphique (schéma, frise temporelle, cartographie, texte…) donne aux interprètes une liberté indéniable tout en restant dans le cadre exigé par la mise en scène. La voix lyrique est liée à presque tous les spectacles et travaux de la compagnie et devient avec le mouvement V le « traitement » formel indispensable : nous tendons effectivement vers la création d’un « théâtre chanté » où la voix serait le lien de l’ensemble des éléments qui constituent nos spectacles.

    Nous positionnons notre musique dans une certaine continuité de pensée avec des compositeurs comme John Cage ou Morton Feldman… Le mouvement Wandelweiser est également une inspiration évidente, notamment dans le traitement du temps, des silences ou de l’apparent minimalisme. La musique baroque française a été l’origine de plusieurs projets et reste une influence de Mnemorandum, particulièrement dans les techniques vocales. Enfin, nous avons engagé un travail conséquent et musical autour du field recording qui devient un apport considérable dans la plupart des projets de la compagnie.

      Commencé en 2014, Mnemorandum est un vaste cycle de travail théâtral et musical qui se structure en mouvements et en volets qui correspondent à des périodes de travail particulières au cours desquelles des thèmes précis sont abordés.
    C’est d’abord un processus de création : une méthode de réflexion dramaturgique, d’écriture musicale et spectaculaire basée sur l’agencement de nombreux fragments (mythologiques, littéraires, musicaux, anthropologiques, scientifiques,...) dans un schéma à entrées multiples et sans cesse en mouvement. C’est un principe d’organisation et d’assemblage où la construction suit parfois des logiques non narratives : juxtaposition, superposition, interférence… Tous les fragments sont reliés entre eux par association d’idées, par appropriation ou par collage afin de mettre en évidence les propos développés dans chaque volet.

    Quels liens théâtraux, musicaux, poétiques… entretiennent l’oubli, le temps, le silence et la musique ?
    Mnemorandum est une sorte de rhizome où la multiplicité, la polysémie et la polyphonie croisent le concept de la simultanéité : faire de son fond sa forme et inversement. Confronter des objets hétérogènes, créer des tensions ou des contradictions, faire dialoguer une chose avec une autre, c’est démultiplier le sens. Il faut alors un certain goût pour la digression, le dédale et le décalé, le rêvé et parfois l’abstraction. Mnemorandum étudie la géométrie variable de l’errance et trouve sa finalité dans des volets de formes variées : théâtre musical, concerts, installations plastiques et sonores, vidéos, livres, gravures, collages…

    Le mouvement V.
    Commencé en janvier 2018, le cinquième mouvement de Mnemorandum aborde, sous un angle toujours musical, les thèmes de l’architecture, de la construction et de l’abris, du tracé et la Nature… La mythologie, et plus particulièrement les contes dans le cas du mouvement V, seront un appui nécessaire au développement de ces thèmes. En effet, nous considérerons Les Trois petits cochons comme un abrégé potentiel de l’histoire de l’architecture, La Belle au bois dormant comme un manifeste écologiste en faveur de la Nature qui reprend ses droits sur les constructions humaines, ou encore Les Musiciens de la ville de Brême comme l’impossible ascension du musicien à vivre de son art… Le mythe d’Amphion, qui a érigé les murailles de Thèbes en fascinant les pierres au son de sa flûte, sera également de la partie.

    Depuis le premier volet, Mnemorandum interroge la place du sonore sous toutes ses formes (musique, communication vocale, environnement sonore…) dans notre société et notre vie en l’intégrant dans le fond et la forme  de ses productions. La mythologie, et plus particulièrement les mythes musicaux et sonores (Orphée, Midas, Écho…) sont la plupart du temps les bases dramaturgiques des volets du cycle : relus et réécoutés par le prisme de notre époque, ces mythes continuent à nous démontrer l’intérêt que porte l’humain au sonore.
    Travail sur la voix chantée, field recording, partitions graphiques réalisées à partir de données réelles sont confrontés au concept de la fascination sonore (Orphée), à la décomposition d’œuvres musicales existantes (cantates de Clérambault), ou à l’histoire de la musique des origines en remontant aux grottes sonores de la Préhistoire… Des Théâtres pour oreilles (spectacles sonores) ont également été réalisés afin de sensibiliser le public au concept d’écoute.

    Mnemorandum comptabilise aujourd’hui 17 volets (liste en annexe), auxquels s’ajoutent des éditions de disques et de textes, ainsi que des projets parallèles. Tous les volets ont été créés, financés et produits par diverses structures régionales en Hauts-de-France et ont été présentés au public dans des lieux variés (théâtres, galeries, observatoire astronomique, conservatoire, médiathèques, cimetière…).

     Coproducteurs et partenaires de Mnemorandum depuis 2014 : La Condition Publique, Roubaix ; La Scène - Louvre Lens ; L’Hospice d’Havré, Tourcoing ; Le Colysée, Lambersart ; Le Nautilys, Comines ; Le Non-Lieu, Roubaix ; Théâtre Massenet, Lille ; Théâtre de la Verrière, Lille ; Les Fous à réAction, Armentières ; L’Agence régional de la Santé ; Groupe Hospitalier Loos-Haubourdin ; Médiathèque de Roubaix ; Conservatoire de Tourcoing ; Espace Culture Lille 1 ; Action Culture Lille 3 ; Revue Le Poeticon ; Atelier Culture - La Piscine, Dunkerque ; Le Bateau-Feu, scène nationale de Dunkerque ; Idem+Arts, Maubeuge…

 

la barque (théâtre&musique) / 117 rue Montgolfier - Usine Cavrois Mahieu - 59100 Roubaix

contact : labarquetheatre(at)gmail.com