D'écorché

L’invention de la musique

Ces deux projets sont présentés de concert car leur objet est commun : considérer l’invention de la musique à travers le prisme du sonore et de la musique dans certains mythe de l’Antiquité grecque.

Il s’agira donc de s’attarder sur des musiques ancestrales, primitives voire plus précisément la naissance de l’écoute ou comment l’humanité a dompté le sonore pour le transformer en musique (invention de la composition). La facture instrumentale, la naissance de l’écriture des sons croiseront nombre de mythes musicaux grecs : Marsyas, Apollon, les Muses, Midas, Orphée, Hermès, les Sirènes…

L’épaisseur du son et D’écorché développent donc les mêmes thèmes, mais traités de sous une forme différente : création d’un spectacle de théâtre musical et création d’une installation sonore et plastique. Les deux projets se répondent, se posent mutuellement des questions et fonctionnent à deux comme une histoire en plusieurs épisodes. Ils sont par ailleurs indépendants… Cependant, ils sont également construits pour inciter le spectateur-auditeur à se déplacer du Colysée à l’Hospice d’Havré (et inversement) afin de se construire son chemin personnel dans l’évocation des mythes musicaux antiques.

 

D’écorché adopte la forme d’une installation sonore et plastique dans laquelle sont principalement évoqués les mythes de Marsyas et d’Hermès. 

Marsyas, pour avoir eu la présomption d’égaler Apollon Citharède dans un duel musical devient par sa punition, l’écorchement, la figure de la souffrance musicale. L’écorché, qu’il soit anatomique ou mythologique sera décliné dans plusieurs collages et assemblages papiers. La facture musicale, dont Hermès est le principal représentant dans l’Antiquité grecque, sera évoquée à travers la cithare, instrument qu’il invente en sacrifiant une tortue rencontrée au bord de la route.

création mars 2017

Le Colysée, Lambersart (59)

 

texte, musique, assemblages papier, collages et installation sonore

Frédéric Tentelier

 

installation sonore et plastique réalisée dans le cadre de l’exposition « ÉCHO, résonance actuelle des mythes grecs antiques »

 

production la barque (théâtre&musique)

coproduction Le Colysée, Lambersart

Cartographie cutanée.
En moyenne, la superficie de la peau d’un être humain

ne dépasse pas deux mètres carrés.
La superficie d’une couverture.

Je me souviens de Didon.

Didon errante accoste.
Elle cherche territoire :

On lui donne

autant de terre qu’elle pourrait en faire tenir dans une peau de bœuf.

(Superficie : environ trois mètres carrés.)

Trois mètres carrés pour fonder

une ville nouvelle pour son peuple.

Déplier la

peau
et circonscrire territoire.

Didon avec une paire de ciseaux
découpe la peau de bœuf en lanières très fines et tisse

un fil très long (plusieurs kilomètres).

Elle déroule une frontière.

Elle circonscrit territoire.

Elle fonde Carthage.

Si la peau de Marsyas était musique :
combien de temps durerait la symphonie qu’Apollon tente de composer ?