Ombres portées

Plier le cou

mais par

l’arrière :

tête haut levée.


Observation nocturne des mouvements stellaires :

révolution (lat : revolvere : ramener en arrière).

Écoute nocturne des mouvements stellaires :

harmonie des sphères (lat : harmonia mundi).

Le ciel adopte un cycle


régulier et mesuré ; et produit des sons.
Revenir toujours au point de départ et recommencer.

Se souvenir, oublier, remembrer.
Le ciel n’oublie rien
(une comète - parfois - traverse un plan).

cycle Mnemorandum, mouvement IV, saison 2016-2017

 

de & avec
Quentin Conrate (batterie incomplète & musique)

Thomas Coquelet (guide-chant Kasriel, shô, objets & musique) Lionel Palun (lumière - vidéo)
Frédéric Tentelier (mise en scène, texte & musique)


production la barque (théâtre&musique)
coproduction Espace Culture, Lille 1


en collaboration avec L’Observatoire de Lille & les chercheurs de Lille 1 : Aloys Bory (Océanologie & Géosciences) Jérôme Riedi (Optique atmosphérique) Alain Vienne (Astronomie & Mécanique céleste)

J’ai (j’avais) le projet (eu l’idée) d’écrire un texte à la manière antique (sans papier sans crayon). Je veux dire sans inscrire : avec la mémoire, juste. Accumuler (entasser) des sons des mots des phrases : les répéter pour ne pas les oublier. Mon plan sur la comète... J’ai ressassé : pas répété. Ressasser : l’impossibilité de se libérer de sa propre mémoire.
Se souvenir - à temps - que ce que l’on aime dans écrire (composer) c’est justement écrire (inscrire). » F.T

Ombres portées est une réflexion poétique sur le processus mémoriel. Le projet met en analogie l’oubli, l’harmonie des sphères, le cycle lunaire et tente de mettre en résonance des matériaux scientifiques avec une vision poétique du céleste.

Les formes artistiques s’alignent (comme les planètes), tournent sur elles-même (comme les planètes), se cachent (l’éclipse) ou se révèlent (levé du jour) les unes aux autres. Les formes artistiques, comme le céleste, sont mouvantes. Finalement, il n’y a que la forme-temps : temporalité de la représentation (la révolution), temporalité de la rencontre d’une pièce avec un auditeur et un spectateur. Le projet tiendra de l’installation sonore, du théâtre musical, du concert...

Ce sera une déambulation in-situ composée par le vidéaste Lionel Palun et les deux musiciens Quentin Conrate et Thomas Coquelet et l’auteur Frédéric Tentelier ; une forme mouvante qui incite au déplacement et qui s’inspire du céleste : la révolution des planètes, le cycle lunaire et l’harmonie des sphères deviendront des schémas de travail à partir desquels la déambulation sera construite.

Le texte, dont la structure s’inspire du cycle lunaire de février 2017 est composé de 28 poèmes : 24 septains et 4 sonnets inspirés du sonnet irrationnel oulipien. La temporalité de la déambulation sera également inspirée du cycle lunaire.

Ombres portées est également le résultat d’une collaboration entre la compagnie et plusieurs chercheurs de Lille 1 en mécanique céleste, astronomie, océanologie... Au cours de ces rencontres, l’Observatoire de Lille s’est naturellement imposé en tant que lieu favorable à la création d’une telle installation : le son de la coupole, les lunettes astronomiques, les sous-sols et les archives seront autant de matériaux inspirants à la composition de notre travail.